Histoire de Thônex

Éd. Slatkine, Genève, 1989, 255 pages

Sous la direction de David Hiler et Dominique Zumkeller
Textes de : Isabelle Brunier, Fabienne Comba, Leïla El-Wakil, David Hiler, Charles Magnin, Marco Marcacci, Henri Roth, Frédéric Sardet, Marc Sauser-Hall, Corinne Walker, Luc Weibel, Dominique Zumkeller

L’histoire de la commune de Thônex peut tenir en trois mots : religion, urbanisation et divisions.

 

Divisions tout d’abord. Au Moyen Age, Thônex est une vaste paroisse, peu peuplée, qui s’étend sur les communes actuelles de Chêne-Bourg, Chêne-Bougeries, Thônex et Gaillard. A chaque grande secousse de l’histoire de notre région, la paroisse perd une portion de son territoire. Elle se voit amputée d’une première partie de Chêne-Bougeries à l’issue des guerres de religion, puis de toute la rive droite de la Seymaz, lors du traité de Turin en 1754. Le rattachement au Canton de Genève fait ensuite perdre à la commune de Chêne-Thônex les villages de Gaillard, Vernaz et Vallard. Enfin, l’opposition entre le radicalisme Chêne-Bourg et le conservatisme imprégné de catholicisme de Thônex aboutit en 1869 à l’existence de deux communes distinctes : Thônex et Chêne-Bourg. Ce divorce fut encore suivi d’un long conflit entre Villette et Moillesulaz. Cependant, dès le début du XXe siècle, l’on se met à reconstruire ce que les siècles d’histoire avaient détruit.

Urbanisation ensuite. Elle a joué un rôle immense dans l’histoire thônésienne. Dès le XIVe siècle, la paroisse de Thônex a connu un pôle à caractère plus ou moins urbain. Ce fut d’abord Gaillard, puis Chêne-Bourg, puis Moillesulaz, et enfin toute la rue de Genève. Villette, probablement le foyer de peuplement initial, resta longtemps le porte-parole d’une société rurale en voie de disparition. Le conflit entre les hameaux et la rue de Genève était inévitable et ne pouvait être que cruel parce que, de part et d’autre, on défendait son identité. Il aura fallu l’afflux d’une population nouvelle pendant les années soixante pour rendre caduques les anciennes querelles.

Religion enfin. Rarement communauté a autant souffert de l’intolérance qu’elle soit catholique, protestante ou anti-cléricale. Du XVIe siècle au début du XXe siècle, les guerres de religion à l’expulsion des fidèles de leur église paroissiale, les tensions religieuses sont une constante du passé thônésien.

Relevons, pour conclure, que l’intérêt de l’histoire de Thônex tient à son caractère transfrontalier qui la rend partie prenante, des siècles durant, de l’histoire de la Savoie aussi bien que de l’histoire de Genève.

 

Lien : éditions Slatkine